jeudi 15 avril 2010

Des héros.

Un héro. Dorian Gray est un héro. Tristant est un héro. Bel-Ami est un héro. Lord Henry est un héro. Ruy Blas est un héro.
Qui sont-ils?
Ces joueurs, usagers, abuseurs de mots, détenteurs de pouvoirs. Que savent-ils de nous, de nos attentes?
Les héros, pures fantasmes. Illusions, rêves, tromperie. Nous les lisons, les observons, et les imitons dans la logique des choses. Ils nourrissent nos valeurs, nos idées, ils choisissent notre vie. Ils élisent le meilleur ou le pire de ce que nous sommes, ils nous habitent enfin, et déflorent nos idéaux, faisant de nous un somnanbule à la recherche d'un miracle, d'un rêve toujours insatisfait. Ils font naître en nous ce désir d'être autre que ce que l'on est, ou de provoquer le moi qui se dissimule. Ces héros-là sont sadiques et corrompus, ils nous ennivrent de leurs moi, nous couchons alors dans leur lit, buvant à leur tables, pensant presque être eux. Ils nous innondent, pour mieux nous réveler. Et nous sommes enfin. Ou nous sommes enfin ce qu'il en a toujours été. Seulement, nous le voyons alors clairement dans nos miroir, la tête haute, le regard sévère, s'accaparant l'image de ce moi qui nous avais jusqu'à présent échappé.

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