samedi 17 avril 2010

Made in USA.

"Toc Toc.
Désolé. Je m'en vais CONsommer... Revenez plus tard. Ou ne revenez plus. Ce serait mieux."
Consommation inouîe nous fait croire à ce pouvoir illusoire que l'on a sur les choses. Mais des choses vides en réalité et facilement envolées. Des choses mortes, des choses légères et inutiles.
Mais aucune opinion sur ces interactions qui dévorent la Terre. Aucun intérêt. A quoi bon. De toute manière, l'homme se meurt. Il ne voit plus. Son regard est vide, et il n'est plus. Qu'une image d'homme, qu'une illusion d'une vie. Il marche, marche, marche, sans s'arrêter, sans se retourner sur les autres démarches. Il met un pied devant l'autre, pour faire comme ces autres lui qui marchent. Va et vient. Ces allers retour sans réel but. A quoi bon.
Petit, il tient à la main ce biberon made in USA. Puis ces médicaments made in USA. Puis ces injections toxiques, ou pas, made in USA. Puis on le croit mourir d'une maladie incertaine, il faut donc le soigner pour qu'il puisse chausser ces espadrilles made in USA. Et marcher. Sur une Terre made in USA. Puis aller en cours. Et apprendre, dans son beau sac made in USA, avec ses beaux et inutiles stylo made in USA, que le monde n'est rien. Un gouffre, un sac Eastpack, sur le dos d'un étasunien, dévorant son sandwich-homme-arabe. Tout cela, sans le savoir. Tout cela sans ouvrir les yeux. Dès lors qu'il est sorti du ventre de sa mère, cet enfant a respiré cet idéal-là qui n'en est pas un, et a fermé les yeux, forcé de reconnaître qu'il n'y a rien de mieux que le Coca-light amincissant les idéaux, et les McDonald's pervers. Et que le malheur est d'être arabe. Ces arabes somnambules à qui l'on a injecté toutes sortes d' anti-conscience, ces arabes qui se cachent dans leur jeans troués ou leur foulards épais, ces arabes dont on se joue, manipulés par des fils made in USA. Et puis il y a ces autres arabes. Des arabes qui se battent avec des pierres contre des bombes. Ces arabes qui croient en eux, en la vie, en Dieu plus qu'ils ne croient à l'illusoire beauté des vices pro-étasunien. Ces arabes là que l'on poursuit, que l'on enterre et dont on tente de faire taire les voix.

2 commentaires:

  1. dans le monde où je vis, le "made in USA " aussi manipulateur qu'il puisse paraitre est un luxe, mon monde à moi est un faux "made in USA" ce n'est qu' " un made in china".. ton message passe, mais c'est une classification trés injuste que tu te permets de donner, entre un arabe au jeans troué, et celui au foulard épais, il n'existe pas seulement celui qui a une pierre à la main et qui se bat seul tu dis.. enfin t'as peut-être raison chacun sa pierre!

    RépondreSupprimer
  2. Non, pro-étasunien, voilà ce qu'il en est de "ton monde",voulu ou pas. Il n'y a pas de choix à faire. Tout est là.
    Et puis, bien sur, il y a ces préjugés, ces exéptions.
    Non, il n'y a pas que cet enfant là avec sa pierre, il y a aussi cette balle qui se joue de lui.
    Il y a aussi moi, assise. Et puis d'autres moi, assis devant la TV.

    RépondreSupprimer